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Yannis Thiroux, célèbre mais anonyme

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Un artisan avant tout

Comme pour beaucoup de modeurs, l’aventure de Yannis Thiroux commence quasiment à sa découverte de la vape. “Ma femme était enceinte, et il était préférable que j’arrête de fumer. J’ai découvert la vape à cette occasion, se rappelle-t-il. Un peu plus tard, un ami, qui en était passionné, m’a montré une box en bois. C’était le tout début, on était loin des modèles sophistiqués d’aujourd’hui, mais ça m’a beaucoup plu et je me suis dit ‘pourquoi pas ?’ ”

C’est à ce moment que Yannis Thiroux prend un pari sur l’avenir. “J’ai quitté mon travail et je me suis lancé en tant que modeur.” Directement ? “Oui. De toute façon, je n’aurais pas pu à la fois continuer mon travail et me lancer dans mon projet.” Il faut dire qu’il a toujours été passionné par le travail manuel. “À la base, je suis informaticien de métier. Mais ma passion, c’est le bricolage, le travail manuel, et je suis touche-à-tout.”

L’aventure Picolibri

Yannis Thiroux, qui a vécu de nombreuses années en Guyane, s’est souvenu des petits oiseaux, les colibris, qu’il voyait tous les matins à travers sa fenêtre, au moment de créer sa société. Le nom ayant été utilisé de nombreuses fois, il a ajouté “Pi” devant, ce qui, selon lui, n’a aucune signification particulière.

La première box est une bottom feeder en DNA20, assez grande pour l’époque. “Mais c’est avec la Pyra que les choses ont vraiment décollé, explique Yannis, c’était une box assez petite, très ronde, qui se rapprochait d’un tube. À l’époque, les tubes dominaient complètement le marché, et c’était très dur d’imposer une box comme celles qu’on trouve aujourd’hui. La Pyra était un compromis qui plaisait beaucoup”.

La technique au service de la passion…

S’ensuivent plusieurs box, toutes très différentes, mais qui gardent cette patte reconnaissable : des matériaux sélectionnés avec soin et un design recherché. On y trouve aussi des innovations technologiques, ce qui, pourtant, n’est pas indispensable aux yeux de Yannis Thiroux.

“Je ne cherche pas la technique pour la technique, explique-t-il. Elle s’impose quand c’est nécessaire, mais toujours au service de la box, au gré de mes idées. La prochaine, par exemple : l’écran servira également de bouton fire et de boutons de réglages. J’étais en train de regarder comment je peux intégrer le DNA dedans, et je me suis juste demandé si on ne pouvait pas se servir de l’écran comme switch.” Ce ne sera pas un écran tactile, mais véritablement un écran-bouton.

Pourtant, Yannis ne se voit pas comme un révolutionnaire de la technique. “Je n’ai pas l’impression qu’il y ait véritablement de modeurs d’ato qui font des révolutions techniques, ou du moins, il y en a très peu. En tout cas, je n’ai pas l’impression que c’est mon cas.”

… mais pas la passion de la technique

Des révolutions, peut-être pas, mais des évolutions, certainement, comme l’Allen, qui fut une des premières box à proposer un switch squeeze, réparti sur toute sa longueur, où il suffisait de serrer la main pour faire feu. “C’était pratique, il n’y avait plus de bouton fire à chercher.” Présent désormais sur de nombreux modèles, l’Allen fut parmi les pionnières du genre, si ce n’est la première. “Peut-être, je n’en suis pas sûr”, répond modestement Yannis Thiroux.

Autre modèle, la Zeus, qui avait un switch “capacitive touch sense”, autrement dit tactile. Plus besoin d’appuyer, plus de course du bouton, il suffisait de toucher le switch pour que le fire se fasse. Ce “capacitive switch” apparaît également sur la Messenger, une box dotée d’une station de rechargement sans fil.

“Plus il y a de technique, plus c’est fragile, souligne Yannis. Et la Messenger était un exemple typique. C’est une box précieuse, conçue pour être utilisée chez soi ou dans un endroit confortable. La tendance aujourd’hui est aux box un peu de baroudeurs, des choses solides qu’on peut emmener partout, ce n’était pas le cas de la Messenger, elle allait à contre-courant.” C’est vrai qu’on se voit mal partir en raid aventure avec une Messenger dans la poche, tant la box répond davantage aux critères de la joaillerie que de la vape tout-terrain, surtout en voyant les matériaux proposés.

La passion de la matière

Des débuts de Yannis Thiroux sur les forums de vape, on garde surtout le souvenir d’un artisan qui passait des heures à choisir avec soin ses matériaux. Et l’homme n’a pas changé d’un pouce. “J’aime beaucoup travailler différents matériaux, et j’ai été servi. J’ai utilisé de nombreux bois précieux, de l’ivoire de mammouth notamment, des métaux, de l’or rose et même des diamants”, détaille-t-il.

Tout ceci peut faire monter très rapidement la facture, et certaines box atteignent des prix inaccessibles au grand public. “C’est vrai qu’il y a un marché, très restreint mais existant, de créations vraiment luxueuses, précise-t-il. Mais pour beaucoup, je reste dans la gamme des tarifs de beaucoup de modeurs sur la plupart des modèles. Certains sont très onéreux, d’autres le deviennent par la personnalisation et les demandes des clients, mais ce n’est pas spécifiquement un créneau que je vise.”

La fin de Picolibri

Depuis peu, inutile de chercher Picolibri : vous trouverez Yannis Thiroux. “Pendant six mois, j’ai fait un break, au terme duquel j’ai arrêté ma société Picolibri pour travailler sous mon nom, explique-t-il. Tout simplement parce que je m’exprime de plus en plus en tant que créateur, et que Picolibri était une marque de modeur. J’aime créer des mods, mais si demain, par exemple, j’ai envie de faire un meuble ou une lampe, signer ‘Yannis Thiroux’ semblera plus naturel que Picolibri, qui reste la Pyra dans l’imaginaire collectif.”

C’est une décision prise à l’instinct, qui reste le mode de fonctionnement privilégié de cet artisan. “Depuis sept ans, je fonctionne au feeling. J’ai quitté mon travail et me suis lancé au feeling, j’ai créé presque toutes mes box au feeling, j’ai pris six mois de recul toujours au feeling… quand j’y repense, j’ai toujours fonctionné à l’instinct, sans suivre les modes.”

Le futur de Yannis Thiroux

Et demain, alors ? “Je travaille sur plein de projets. Notamment celui d’un tube, avec Cédric Persan d’Animodz. J’ai toujours rêvé de faire un tube, et Cédric est un ami avec qui j’ai de longues conversations. On a échangé ensemble jusqu’à arriver à un projet qui est en train de se concrétiser.” Une collaboration Animodz/Yannis Thiroux ? “Oui, c’est un vrai plaisir, parce que Cédric est quelqu’un dont j’aime beaucoup le travail et la façon de travailler. Il est très efficace, il va directement à l’essentiel, il dit ce qui marche ou ne marche pas, c’est vraiment plaisant”, se félicite-t-il.

Et la concrétisation d’un rêve pour Yannis Thiroux : “J’ai toujours voulu faire un tube. On va en sortir un, d’ici quelques mois, qui sera habillé de bois. Ça va être très beau, vous verrez”, tease-t-il.

Des box sont aussi au catalogue. “Il y a actuellement la Squirt, un futur projet qui s’appelle la G-Spot et le tube, donc, qui s’appellera le Toy”. Tout cela est très… particulier… “Oui, c’est parti d’un délire, en fait, avec des amis, et puis je me suis dit que c’était ça que j’avais envie de faire, actuellement.” Toujours le feeling.

Comment achète-t-on une box Yannis Thiroux ? “Généralement, je propose des précommandes. Il m’arrive d’en réaliser quelques-unes en avance qui sont mises directement à la vente, mais je préfère travailler sur commande.” Yannis Thiroux mérite certainement sa place dans la scène du moding français, celle d’un créateur qui a son univers propre.

La vape de Yannis Thiroux

  • Vapoteur depuis : 2012.
  • Set-up actuel : Mod Squirt et atomiseur Pitbull de Yannis Thiroux.
  • Liquide préféré : Greedy Snatch de Revolute.
  • Taux de nicotine : 0 mg/ml.
  • Consommation quotidienne : Très peu, je ne vape quasiment plus.

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